Conférence internationale des 31 Mai et 1°Juin:
Ils sont venus.. ils sont tous là...Du Nord...du Sud.. de l'Europe.
Une centaine de représentants d'une trentaine d'organisations de 16 pays étaient présents. Parmi elles, les principales organisations de la gauche révolutionnaire en Europe qui représente des milliers de militants et de sympathisants.
Un observateur d'ISO (International Socialist Organizer) organisation révolutionnaire aux USA était aussi là.
Cette conférence internationale de la gauche radicale, anticapitaliste et révolutionnaire européenne a été incontestablement un grand succès. Pour la première fois depuis Mai 68, presque toute la gauche anti-capitaliste était réunie.
Se réunir une première fois était déjà tout à fait remarquable, décider de continuer et de réunir une deuxième conférence, en 2009, montre qu'il y a, peut-être quelque chose de neuf qui se passe pour la gauche radicale en Europe.
Ce succès est d'abord lié à de la curiosité et de la sympathie pour l'initiative de la LCR et du NPA, mais il y a plus.
C'est un changement de période historique qui travaille tout le mouvement ouvrier et toutes les organisations depuis plusieurs années, processus qui arrive peut-être à maturité dans une série de pays. La conjugaison, dans le cadre de la globalisation capitaliste, de la crise actuelle du capitalisme -financière, bancaire, alimentaire-, du redoublement des attaques contre les droits sociaux et démocratiques, et de l'évolution social-libérale de la gauche traditionnelle ouvre un espace pour la gauche radicale.
Ces questions ont été traitées au travers d'une première discussion introduite par François Sabado, membre de la direction nationale de la LCR. Celle-ci a fait apparaître une série de points de convergence sur le caractère de l'offensive capitaliste, sur l'évolution de la social-démocratie et des partis communistes, sur la dynamique de la lutte de classes. Ce débat a aussi confirmé les points de repère communs sur les principales mesures anti-capitalistes face au capitalisme néo-libéral, et la nécessité d'une politique d'indépendance nette vis-à-vis de la social-démocratie. Toutes les organisations présentes ont réaffirmé la nécessité de rejeter toutes les politiques de coalitions parlementaires ou gouvernementales avec le social libéralisme de la social-démocratie ou du centre gauche.
Ces références capitales pour reconstruire un nouveau mouvement ouvrier et une alternative anti-capitaliste n'épuisent pas tous les débats indispensables pour reconstruire un projet socialiste, débats qu'il faudra poursuivre, sur les diverses expériences en Europe, des questions-clé comme la formulation d'un programme anticapitaliste européen, le problème de la guerre, celle d'une réponse écosocialiste à la crise écologique, enfin sur le contenu et les formes du socialisme du XXIe siècle.
Il faut donc travailler et débattre. C'est le sens d'une prochaine conférence en 2009, qui sera centrée sur les questions de la lutte contre la guerre, de l'Otan des politiques militaires en Europe.
Mais, autre point positif de cette conférence : il ne s'agit pas seulement de débattre mais d'agir. Trois discussions ont suivi la discussion générale. La première, introduite par Yvan Lemaitre, de la direction de la LCR, sur la question de la guerre, où revenant sur les politiques guerrières des classes dominantes et sur le rôle de l'OTAN, les participants de la conférence sont convenus d'utiliser le soixantième anniversaire de l'OTAN pour organiser une grande manifestation internationale à Strasbourg et Kiel au printemps prochain.
Pour la première fois dans ce type de conférence était abordée la question du réchauffement climatique, introduite par Laurent G.. Ce deuxième débat a montré que, progressivement, toutes les organisations anticapitalistes prennent en charge la dimension écologiste.
Il y eut un troisième débat, introduit par Pablo sur l'importance de la lutte contre le racisme et la xénophobie. A l'instar de la Ligue du Nord italienne qui fait une véritable campagne contre les étrangers, les attaques contre les immigrés constituent une pièce centrale du dispositif des gouvernements réactionnaires contre les droits sociaux et démocratiques. Les anticapitalistes doivent en faire un axe central de leur activité en Europe.
Enfin, après une première conclusion des travaux de Galia Trépère, pour la LCR, tous les participants ont décidé d'une intervention commune, au prochain forum social de Malmoe en Suède, et surtout d'envisager des activités communes lors des prochaines élections européennes de juin 2009. L'enjeu, quand la droite, l'extrême droite, les PS et les PC sont structurés à l'échelle européenne, c'est de commencer à construire un pôle anticapitaliste européen. Cette question est une des plus difficiles, car l'histoire de chaque organisation est différente, les rapports de forces spécifiques dans chaque pays, certaines organisations ont déjà répondu positivement, les autre vont en discuter, et certaines sans participer à une campagne européenne sont ouvertes à des initiatives communes..
Bref le NPA bouge aussi les lignes en Europe !
Les organisations représentées :
Danemark : Alliance Rouge Verte
Suisse : Solidarités, Gauche alternative, Mouvement pour le socialisme
Allemagne : ISL, RSB, BASG, Marx21, Gauche interventionniste ;
Autriche : SOAL
Suède : Socialist Party
Pologne : Parti polonais du travail
Belgique : LCR-SAP
Norvège : Unité socialiste
Grande-Bretagne : Respect, Socialist Resistance, Socialist Party, Socialist Workers Party
Etat espagnol : Espacio Alternativo
Turquie : ODP
Portugal : Bloc de gauche
Italie : Sinistra Critica
Pays-Bas : SAP
Etats-Unis : ISO
Grèce : ARAS, Kokkhino, Syriza, KOE, Synapismos, Nouveau Courant de gauche (NAR), Recomposition de gauche, DEA, OKDE, Alternative écologiste, SEK, AKOA
France : LCR.