Manifestation contre la venue de Sarkozy à Saint Quentin.
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Par Franck, source photo: Le Courrier Picard]
Hier Sarkozy devait passer une demi-journée dans la ville de son « chouchou ». Plusieurs visites étaient annoncées : à la CAF, dans une entreprise locale Ensival-Moret (fabricant et maintenance de pompes industrielles) et devait déjeûner à la Villa d'Isle (le petit Maxim's Saint Quentinois), pour ensuite recevoir quelques élus locaux (conseillers généraux) et enfin terminer par un meeting au Palais des Sports Pierre Ratte.
De tout ce planning (émaillé d'informations contradictoires pour contrer toute tentative de manifestation hostile), seul le meeting a eté maintenu. Contrairement à Sarkozy, qui n'a pas été visible en dehors du Palais des Sports, les forces de l'ordre, elles, l'ont bel et bien été.
Environ un millier de CRS (1.200 selon la presse locale) ont quadrillé la ville, et la paranoïa sécuritaire n'était pas en reste : l'hyper-centre était interdit au stationnement et à la circulation. Le gourou des « populaires », lui, s'est surtout fait remarquer par son mépris pour le peuple. Présent uniquement pour des personnalités « triées sur le volet » (il fallait montrer patte blanche pour avoir accès au meeting : présentation d'invitations, de la carte d'identité et fouille au corps sommaire), Sarkozy a fait son show devant des convaincus et pour annoncer ce à quoi on s'attendait tous : le maintien et la poursuite des « réformes » antisociales, en bref : nous allons droit dans le mur, mais je continue, quelles qu'en soient les conséquences.
A 17h, face à la Bourse du Travail, un rassemblement organisé à l'initiative des syndicats a eu lieu. Environ un millier de syndicalistes, de travailleurs, de militants des partis de gauche y ont participé. Après plusieurs prises de parole, qui ont dénoncé la politique sarkozyenne, une manifestation s'est déroulée, le but étant d'atteindre le Palais des Sports pour manifester pacifiquement l'hostilité envers la politique du résident de l'Elysée, avec l'espoir que cette initiative serait quelque peu médiatisée.
Face aux CRS, qui bloquaient tout passage, la manifestation a été déviée à plusieurs reprises, pour aboutir Place Crommelin (la « place des quatre colonnes »), où la circulation a été bloquée, puis vers le quartier Saint Jean, où les CRS, en uniforme et en civil, gonflés à bloc, ont chargé à deux reprises, avec force matraques et lacrymogènes. Quelques manifestants pacifiques se sont retrouvés gazés et tabassés.
S'en est suivi une vingtaine d'arrestations.
Dans la matinée, une militante du PCF avait installé sur son balcon une pancarte, où il était marqué : « Fossoyeur de la France ». Les flics n'ont pas tardé à repérer qui en était l'auteur et à l'interpeller. Refusant d'enlever son panneau, Corinne B. a été conduite au poste, où elle a été gardée pendant une heure et demie, sans suite : la liberté d'expression reste un droit. Pour combien de temps encore ?
Résultat des courses : cette journée a été une fois de plus, l'occasion pour Sarkozy de faire de la gonflette : montrer à quel point il est puissamment protégé, formuler son inflexibilité et son mépris pour toute forme de contestation.