Une manifestation « dernier cri »
Le CDESP (Collectif pour la Défense de l'Education et des Services Publics) a été créé en novembre dernier à la suite d'une AG qui s'est déroulée après la manifestation des enseignants à Laon le 20 novembre 2008. Constitué pour l'essentiel d'enseignants, de syndicalistes, de sympathisants et de membres des Comités NPA de l'Aisne, il a déjà proposé plusieurs types de manifestations: projections de films (cf. fin de cet article), manifestations en tous genres, dans le but de "booster" les syndicats traditionnels et de conscientiser le plus grand nombre de personnes aux problèmes rencontrés par tous les services publics: privatisations larvées, suppressions de postes, réformes visant à casser le service public (c'est pour mieux le privatiser mon enfant!) etc...Mardi 3 février, le CDESP organisait deux manbifestations. L'article ci-dessous, repris du Courrier Picard, en parle de façon détaillée. Je reproduis cet article in extenso [Franck]:
SAINT-QUENTIN Une manif dernier cri
Le premier cri de colère a été poussé hier à 18 h 15 au pied de l'Hôtel de ville. L'initiative sera renouvelée tous les mardis, même heure et même endroit.
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«Y'en a marre. » Ce cri, répété par trois fois hier par une poignée de manifestants devant l'hôtel de ville, est le premier d'une idée encore balbutiante. Le bébé est importé de Lille. Le concept : que tout un chacun fasse ressortir ses coups de gueule.
Un cri pour se faire entendre, un cri pour expulser sa colère, mais un cri qui trouvera quel écho ?
Jeudi [29 janvier] , entre 1 500 et 2 000 personnes défilaient dans les rues de Saint-Quentin. À l'issue du mouvement, une assemblée générale décidait de prolonger l'action. Encore fallait-il en définir la forme. La date, elle, était calée. C'était hier, à 18 h 15. Devant l'hôtel de ville, lieu central et symbolique. Plus précisément, à proximité de la fontaine.
Cette forme donc, c'est un cri. Un cri critique, de colère. À l'heure dite, ils n'étaient que six, cinq du monde enseignant et un lycéen, lequel a dû les quitter prématurément pour rentrer chez lui. Pas grand monde. Alors, crieront ? Crieront pas ?
Ils ont crié, hurlé à trois reprises « Y'en a marre » peu après avoir déployé une banderole siglée « Collectif de défense de l'école et des services publics ». Marre de quoi ? « Des suppressions de poste, de l'argent donné aux banques, des lois contre les immigrés... » Assez de « ne pas nous laisser rêver, de ne pas réfléchir ou de réfléchir dans le mauvais sens avant de faire des lois... »
Voila, c'est terminé. Le happening n'aura duré que cinq minutes. Toutes, il n'y a que des femmes, sont quelque peu désappointées du peu de personnes ayant répondu à l'appel. Mais pas résignées, n'estimant nullement avoir lancé des mots en l'air qui s'envoleraient pour ne jamais retomber.
Rendez-vous tous les mardis au pied de l'hôtel de ville
Ce premier cri, il leur fallait le pousser. Pour ouvrir le chapitre de ce nouveau type de mouvement, né à Lille et qui « prend là-bas sans cesse de l'ampleur ».
Crieurs, concept singulier qu'elles développeront.
« Cela ne demande pas beaucoup d'investissement, pas beaucoup de temps » disent-elles. Un appel, un souhait : que leur voix porte auprès de tout un chacun.
Chaque mardi, même heure, même endroit, toutes les personnes souhaitant pousser un coup de gueule sont invitées à passer, ne serait-ce que quelques secondes. Pas d'exclusive, pas de thème présélectionné, chacun est libre de gueuler sur le sujet de son cœur, ou qui l'insupporte, l'irrite, lui donne de l'urticaire, le révolte... « L'idée est aussi de créer un lieu de discussion entre ceux et celles qui seront présents, d'échanger », expose Clémence, l'une des crieuses d'hier.
À Lille, le mouvement a aussi débuté très timidement. Maintenant, le cri est un tableau hebdomadaire bien ancré dans le paysage.
CYRIL RAINEAU
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Pour pousser un cri de colère, se rendre le mardi à 18 h 15 à la fontaine située au pied de l'hôtel de ville.

Projeté hier à l'Asti, ce film avait déjà été programmé à Gauchy.
Coïncidence. La projection-débat à l'Asti (Association de solidarité avec les travailleurs immigrés), hier soir, n'était pas liée avec la première manifestation coup de gueule menée quelques instants plus tôt sur la place de l'hôtel de ville (voir ci-dessus). Pour autant, il y en a eu des coups de colère. Celle-ci portait un nom : Darcos.
Le Collectif de défense de l'éducation et des services publics 02, à l'initiative, a organisé une discussion autour du film de Karim Benzidani, L'école est-elle finie ? La question est restée sans réponse. « On veut surtout informer les parents d'élèves sur toutes les nouvelles réformes », explique Clémence, membre du collectif, avant d'affirmer que « les syndicats ne font pas trop leur boulot. » Un jugement qui a poussé ce collectif à se mobiliser.
« Toutes ces réformes mettent à mal les fondements de l'école. L'aide personnalisée, le soutien, c'est une tromperie aux parents. Car c'est fait, entre guillemets, un peu n'importe comment. On ne nous donne pas les moyens. On supprime les vraies aides comme les Rased qui s'occupent au quotidien des difficultés des mômes », poursuit Clémence Gélin. La suppression d'heures, de postes, autant de paradoxe avec les demandes du ministre comme celles de revenir aux fondamentaux. « Comme si on ne le faisait pas avant », ironise Clémence.
Ils ne laisseront rien passer. « La réforme des lycées que l'on nous dit mise en attente. » Oui ? La vérité est ailleurs. « Le lycée Condorcet de Saint-Quentin sera expérimental de la nouvelle réforme à la rentrée », déclare une membre du collectif. Et un de ses collègues de noter que l'académie d'Amiens nie farouchement une quelconque expérimentation. « Alors que l'on coupe les moyens à nos collègues. Comme quoi, on est arrivé à une situation où l'institution en arrive à mentir ! » De quoi redoubler leur colère.
N. N.