Réunion nationale des 28 et 29 juin : comptes rendus de commissions (2)

Publié le par Franck

6) Presse, propagande...

Les débats de la commission se sont ouverts sur la question de la définition des médias concernés par les discussions à venir. Le constat ayant été rapidement dressé de l'impossibilité de s'en tenir à la seule presse écrite, même si celle-ci demeure essentielle. Un certain nombre d'autres supports de communication ont donc été abordés au cours des discussions. Nous présentons ici, média par média, le résultat des discussions de la commission.

Concernant la presse écrite.

Si mettre fin à une publication est relativement facile, en construire entièrement une nouvelle apparaît comme une tache lourde et complexe. Partant de ce principe, il apparaît beaucoup plus constructif et efficace que Rouge, actuellement organe de presse de la LCR, mute progressivement pour devenir, a terme, l'organe du futur parti anticapitaliste plutôt que de créer ex nihilo un tel journal.

Il semble d'ailleurs aussi essentiel qu'urgent que Rouge commence dès maintenant, et de manière progressive, une telle transformation. En relation avec la période de transition que nous traversons, l'idée serait de faire de Rouge, non pas l'organe du NPA, cette structure n'ayant pas d'existence propre, mais un outil de campagne qui permettrait d'accompagner les militants jusqu'au congrès de fondation de janvier 2009. Rouge est donc invité à se transformer dès maintenant en un « Journal pour un NPA ».

Le congrès de fondation verrait finalement le transfert définitif du journal d'une structure à l'autre, non sans un profond remaniement dont les grandes lignes ont été débattues.

Une grande partie des militants présents ont regretté le manque d'attractivité de la publication actuelle et son éloignement relatif d'un certain nombre de préoccupations, particulièrement pour l'échelle locale.

Le souhait a généralement été exprimé de voir se créer un journal plus simple d'accès, notamment par un vocabulaire et des thèmes plus accessibles. Mais aussi un journal plus dynamique, avec des articles plus courts et un choix de sujets plus vaste. Il serait par exemple intéressant de développer la technique des brèves, mais surtout de créer un certain nombre de nouvelles rubriques, à l'exemple d'une rubrique culture ou d'une rubrique média. Cela présenterait par ailleurs l'avantage de participer à la formation des militants en donnant un point de vue différent sur des sujets habituellement réservés aux médias dits bourgeois, avec les tendances et orientations que l'on connait.

Le journal étant un outil de formation des militants, il apparaît impératif que des articles ou une rubrique soient régulièrement consacrés au développement de points théoriques simples ou encore à des séquences d'analyse de l'information. Là encore, vocabulaire et explications devront s'efforcer de rester accessible au plus grand nombre.

Le journal est par ailleurs envisagé comme étant également un moyen de communication vers l'extérieur, et non uniquement comme un outil d'information interne. Si le développement déjà abordé de rubriques plus variées participe entièrement de cette logique, en permettant un plus grand spectre de choix de lecture, il convient d'y ajouter la prise en compte d'un certain nombre de facteurs locaux.

Les expériences menées par certains comités NPA ont montré que les publications locales rencontraient indéniablement plus de succès auprès de la population que la publication nationale. Il apparaît donc nécessaire de trouver une articulation satisfaisante entre ces deux échelles. Cependant, la question logistique limite sérieusement les possibilités offertes. Une solution pourrait être l'édition du journal dans un format de type A4, à l'exemple de certains quotidiens gratuits. Ce format standard permettrait alors aux différents comités d'y insérer facilement une ou plusieurs pages édités et imprimées localement, en fonction de leurs actualités et préoccupations. L'idée générale devant sous tendre l'ensemble de la transformation étant de rendre le journal plus proche des militants mais aussi de la population, afin que celle-ci puisse s'en saisir le plus largement possible.

La question se pose alors de la rédaction des articles proposés par le journal. La professionnalisation ne peut être retenue. Il apparaît en effet essentiel que les militants s'emparent de leur outil de communication et participent directement à son élaboration. Il serait par exemple envisageable de désigner un correspondant par comité, ou rassemblement de comité, chargé de faire remonter régulièrement des contributions élaborées à titre individuel ou collectif par les membres des comités.

La question de l'adaptation du journal au plus grand nombre, notamment par le biais de la simplification du propos, ne devra cependant pas être synonyme de baisse des exigences dans la qualité du contenu publié, mais uniquement de son adaptation. Par ailleurs, les militants les plus exigeants et les plus demandeurs pourront avoir accès à une revue plus théorique. Celle-ce ne serait pas autre chose que l'évolution de Critique Communiste de revue de la LCR à revue du futur parti. Cette évolution ne pouvant bien entendu pas faire l'économie d'une redéfinition du contenu aux besoins nécessairement nouveaux du futur parti.

Par ailleurs, pour se rendre attractives et reconnaissables, ces publications devront bénéficier d'une nouvelle charte graphique, résolument moderne et cohérente.

Pour finir, la périodicité du journal pourra rester hebdomadaire, étant cependant admis que cette périodicité pourrait dans un premier temps être mensuelle ou bihebdomadaire afin de permettre la mise en place et le rodage du nouvel organe.

Concernant la radio et la télévision

Un certain nombre de militants ont soulignés la nécessité de s'intéresser et d'investir d'autres types de supports que la seule presse écrite. Le principal support évoqué est la radio. L'idée de développer une station propre au futur parti, pour séduisante qu'elle soit pose cependant un certain nombre de problèmes. Premièrement un problème de coût, également un problème d'audience, celle-ci étant globalement insuffisante, pour ne pas dire insignifiante, pour ce genre de station indépendante.

La même analyse a été faite concernant une hypothétique chaine de télévision. La production d'émission est également difficilement envisageable. Reste cependant la possibilité de mettre un certain nombre de travaux audiovisuels en ligne. Des formations sont déjà dispensées en ce sens, notamment à l'université d'été.

Le caractère encore embryonnaire du NPA ne permettant pas réellement d'envisager de manière réaliste le développement de ce type de support, il semble préférable de se concentrer sur l'essentiel, sans pour autant se fermer aucune porte.

Tracts et feuille de boite.

Il apparaît absolument nécessaire que le NPA mette au plus vite des tracts nationaux à la disposition des comités. Deux formules ont été mises en avant.

La mise à disposition hebdomadaire d'un tract, au format A4, servant de verso. Le recto étant laissé à un éventuel contenu local. Ou alors la mise en place d'une formule plus ambitieuse, basée sur un format A3 (4 pages), bihebdomadaire, mais plus complète et abordant plus de sujets. Là encore un espace serait prévu pour les contenus locaux.

Stratégie globale.

La dernière thématique abordée concerne la nécessité de l'élaboration d'une stratégie de communication globale et multi-supports pour le NPA et le futur parti. L'importance de la maitrise de la communication paraît indéniable tant celle-ci est utilisée à tous les échelons par la droite et les médias capitalistes en général. Par conséquent, celle-ci ne saurait être prise à la légère par le futur parti. Il paraît donc intéressant de réfléchir à la création d'une commission communication, réunissant à la fois compétences et bonnes volontés. Cette commission serait en relation directe avec les instances exécutives du parti afin d'assurer une réactivité et une cohérence maximum. Elle s'occupera particulièrement de l'élaboration de stratégies de communication sur le long terme. L'idée serait de s'emparer d'un thème précis, pour un temps donné, et de le développer sur plusieurs supports (presse du parti, média bourgeois, affichage, tracts).

Il apparaît également envisageable de créer ou de susciter un certain nombre d'événement permettant de mettre en avant tel pou tel axe de communication. En définitive de passer d'une communication de réaction à une communication offensive.

Par ailleurs, pour permettre aux plus grand nombre d'accroitre l'efficacité des actions entreprises, des formations spécifiques seraient mises en place, notamment concernant les réactions à avoir face aux médias de masse et à leur possible utilisation.


7) Site Internet...

14 présents. Topo introductif d'Olive, LCR.

3 points de discussion :

A) les sites : site national NPA et sites locaux

B) le forum

C) les listes

Objets de la commission :

 recenser l'ensemble des compétences (cf. contacts.odt) pour élargir l'équipe technique ;

 proposer quelque chose au comité d'animation provisoire.

Analyse de l'existant

Actuellement, pour accéder aux sites locaux NPA, il faut passer par le site national de la LCR.

Idem, le forum est hébergé par la LCR pour des raisons pratiques. Des noms de domaines ont d'ores et déjà été réservés : npa2009 dans toutes ses extensions par la LCR (Olive) et anticapitaliste.org par Pierre de Radio Rouge. Celui-ci propose aux comités qui le souhaitent d'héberger leurs sites. Ex : http://www.anticapitaliste56.net/, site du NPA Morbihan.

A) Les sites : site national NPA et sites locaux

Discussion autour de quel type de site mettre en place et comment le faire.

Pour le site national, volonté de faire remonter les infos nationales et locales. Sorte de plateforme / site provisoire dans un premier temps. Evolution possible tant au niveau du contenu que de la charte graphique.

Nécessité d'un débat sur le contenu du site, la maquette, les rubriques. Utilisation des logiciels libres mise en avant. Ex : CMS type Spip. Nécessité d'un serveur dédié.

Charte graphique à ne pas négliger. Le « logo » provisoire du NPA ne fait pas l'unanimité. Des comités ont créé leurs propre charte graphique / logo. Ex : NPA Lyon.

Plusieurs idées / propositions :

 possibilité d'avoir une structure, un modèle de site ou de blog que les comités puissent s'approprier facilement sans avoir de connaissances techniques particulières ;

 kit d'harmonisation (charte graphique homogène) = visibilité claire du NPA ;

 charte de nommage afin de faciliter le référencement. N'est pas incompatible avec les sites existants disposant de leur propre url : mise en place d'une redirection ;

 hébergement proposé : WordPress ;

 sites ou blogs ? choix différent suivant les besoins des comités.

Proposition de recenser les comités où il n'y a pas de compétences Internet afin de pouvoir former les personnes qui le souhaitent. Pour ce faire, idée d'élaborer et d'envoyer un questionnaire à chaque comité pour faire remonter à la fois les besoins et les compétences afin d'associer les personnes qui n'étaient pas présentes à la coordination nationale.

B) Le forum

Ingérable si pas de modération. Forum actuellement modéré a posteriori par une équipe de militant-e-s de la LCR. Echo très fort : 80 fils de discussion ouverts à ce jour [note : lors de la tenue de la commission] et 400 personnes inscrites [même remarque].

Le forum ne peut remplacer la discussion. Il est ouvert à toute personne qui souhaite s'y exprimer après enregistrement (comme la majeure partie des forums).

C) Les listes

Les listes peuvent être à la fois un outil de diffusion et un outil de discussion. Il est donc nécessaire de distinguer les listes suivant l'usage que l'on souhaite en faire :

  • liste de diffusion

Diffusion verticale : du national au local. Diffusion d'information de type newsletter.

  • liste de discussion

Diffusion horizontale : entre les comités, entre les commissions, entre le comité d'animation provisoire et les commissions par exemple. Liste de discussion réservée aux instances collectives.

En résumé, discussion assez riche qui a brassé des éléments de techniques et de contenu. Plusieurs propositions sont sorties de cette discussion, à proposer au comité d'animation provisoire :

  • envoi d'un questionnaire aux comités pour recenser leurs besoins et connaître leurs compétences;
  • proposition d'une formation Internet pour les comités qui le souhaitent. Cette formation pourrait notamment se faire dans le cadre de l'Université d'été;
  • mise en place un site national provisoire pour la rentrée afin d'assurer la visibilité du NPA sur Internet nécessité d'élaborer un CCH.

8) Campagnes...

Dans le cadre de la 1ère coordination nationale du NPA, des ateliers ont permis de préciser les orientations du nouveau parti par thème. La commission « Campagne de rentrée 2008 » a réuni une trentaine de participants. Même s'il n'y a pas eu de « tour de table », l'ensemble de ceux qui voulait s'exprimer ont pu le faire. Les participants n'étant pas mandatés pour porter des décisions, la recherche d'un consensus a été favorisé, sachant qu'à l'issue de la commission pourra être porté à l'ensemble des comités locaux et du l'équipe d'animation nationale quelques propositions convergentes à construire.

La synthèse s'axe autour de trois éléments : la question de la nécessité d'une campagne nationale, sur la base de quel thème, et l'art de la mener.

A) Faut-il une campagne nationale ?

La réponse est unanimement affirmative :

- pour rendre visible le NPA qui vient de naître et qui dès lors,- est « attendu au tournant » par un électorat qui en a marre des promesses non tenues,

- par nécessité d'urgence, vu les dégâts occasionnés par les- contre-réformes actuelles sur une part de la population grandissante et qui souffre durement du nouvel ordre esclavagiste dans le milieu du travail (chantage à la précarité, prostitution des étudiants, ...), de l'impossibilité de vivre dignement, et de difficulté d'avoir accès aux soins, à l'eau, à l'électricité, au logement,

- pour en finir avec un régime, celui du libéralisme incarné par- le gouvernement Sarkozy, qui fait de plus en plus de victimes et qui mène une répression de plus en plus violentes face à la colère que cela engendre.

B) Thème(s) de la campagne ?

La campagne nationale doit éviter deux pièges :

- vu le nombre des attaques, il ne s'agit pas d'élaborer une- campagne fourre-tout. La proposition de développer la campagne contre la nuisance du gouvernement Sarkozy n'a pas été retenue : il s'agit moins de se positionner contre un homme (que cela grandirait) que d'expliquer pourquoi il faut en finir avec le système capitaliste.

- À l'inverse, la campagne doit pouvoir s'adresser aux personnes- victimes de ce système, quelles que soient leur position sociale dans le monde familial (célibataire, en couple, hétéro ou homosexuel, divorcé(e), ...), dans le monde du travail (salarié, employé, chômeurs, étudiants, ...) et au-delà des positions définies par les lois répressives actuelles (jeunes dits des « quartiers populaires », nomades, prostitué(e)s, précaires, sans-papiers travailleurs ou sans-emplois, ...).

A l'unanimité, les participants pensent que ce thème doit à la fois s'axer autour d'un combat contre la précarité et défendre l'idée du « pouvoir de vivre ». L'idée du pouvoir d'achat si chère au pouvoir en place qui a centré sa campagne présidentielle sur ce sujet (sans y répondre dans les actes) est discutée car elle réduit le citoyen a son rôle de consommateur.

Du coup, 2 points sont régulièrement revenus :

- définir une campagne autour de l'augmentation des revenus, en- reprenant les objectifs d'arriver à des revenus égaux à 1500€ nets pou r tous et/ou une augmentation de 300€ pour tous (ce dernier point est discuté, car pour nombre de prolétaires pauvres, cette augmentation ne suffit pas pour vivre dignement en payant toutes les charges incompressibles). De même, cette campagne doit s'intégrer dans une dynamique qui montre combien le système capitaliste est nuisible : c'est une mesure d'urgence transitoire. La seule augmentation des revenus ne serait qu'un sparadrap (tel un RMI) si aucune remise en cause de la répartition des richesses et des moyens de production n'est faite. Aucun problème n'est résolu sans disparition des profits capitalistes et l'obtention de la gratuité des services publics (soins, transports en commun, éducation, culture, logement).

- Élaborer une campagne sur la défense du système de santé et- autour de la protection des services publics de manière plus large. Cette campagne s'inscrit aussi dans une démarche d'urgence avant les votes des textes issus des orientations Bachelot - Larcher attendus en septembre et qui démantèleront la sécurité sociale en renforçant le poids des mutuelles que tout le monde ne peut pas s'octroyer. Là encore, cette campagne s'intègrera dans un discours qui prône la gratuité des soins obtenue grâce à l'argent d'une meilleure redistribution des richesses. D'ailleurs les maux qui touchent les services de santé (fermeture des hôpitaux en zone rurale, personnel soumis au dogme de la rentabilité qui a de moins en moins de temps disponible à l'écoute du patient / usager) sont les mêmes que ceux qui affectent tous les services publics : le principe d'égalité de traitement des citoyens est remis en cause par la désaffection territoriale de l'Etat, la fermeture des services de proximité, le réaménagement des cartes judiciaires et scolaires, etc ...

C) comment mener la campagne ?

Chacun a conscience qu'il faut dépasser l'activisme de chacun et ne pas s'arrêter à des distributions de tracts, des collages d'affiche, une manifestation et puis basta !

Cela implique une recherche d'innovation dans les moyens de lutte, en joignant l'humour et la motivation au discours (ce qui est plus facile à dire qu'à faire), quitte à détourner la propagande actuelle (exemple : Vous vous impatientez ? 1500€ pour tous dès aujourd'hui !). La nécessité d'être visible amène à multiplier les opérations organisées « coup de poings ».

Cette démarche doit toujours s'inscrire dans une aide de convergence des luttes afin d'arriver à « la grève générale », seule méthode « pacifique » qui permettra de changer de mode de gestion de la cité (par le développement de l'autogestion locale et de la démocratie respectée).

Bien sûr, la réalité du terrain présente des obstacles mais aussi des attentes :

- nécessité de tenir compte de l'immobilisme des syndicats- engendré par des bureaucraties à leur sommet qui ont abandonné leur rôle - nécessité d'allier la cohérence et-premier, la défense des travailleurs,  l'opiniâtreté dans notre combat afin d'amener des sympathisants potentiels qui restent observateurs de notre dynamique à mener la lutte à nos côtés (qu'ils --soient politisés comme certains militants de LO, du PC ou écologistes ou pas)  nécessité que toute cette colère qui s'exprime aujourd'hui ne soit enfin plus gâchée, dispersée et fatiguée par les pseudos tressaillements syndicaux.

Quelques propositions / exemples ont été donnés afin de lister ce qui permet d'être plus efficace :

- enquête sur le lieu de travail. L'expérience a été effectué à- Peugeot Mulhouse : cela permet aux citoyens d'avoir, d'une part accès à un lieu d'écoute, d'autre part d'évoquer les rouages du système qui les exploitent. Cette enquête peut servir comme fondation pour une mobilisation locale,

 mobilisation permanente, visible et entretenue, comme à Carhaix, avec réappropriation des revendications par tous. L'existence d'un camping devant l'hôpital a permis à la population de pouvoir constamment se tenir informé des modes et des objectifs de la lutte,

- initiative spectaculaire à soutenir qui marque la spontanéité- au-delà des organismes, à l'image d'une femme à Alençon qui manifeste chaque dimanche matin contre la vie chère,

Pour dépasser les mouvements initiés par les syndicats et organiser une présence immédiate, il serait bienvenu d'utiliser à meilleur escient les outils technologiques (SMS, internet) et de reprendre des principes simples de mobilisations abandonnés depuis un moment (AG en fin de manifestation pour fixer des perspectives, occupations et blocages plus volontaires, réunions publiques ...). Le tout doit être mené en parallèle avec la formation des nouveaux participants qui n'ont pas ou peu l'habitude de s'exprimer face à un public nombreux afin qu'ils acquiert plus de facilité dans l'expression de leur revendications.

Plus concrètement, 3 pistes ont été évoquées pour construire cette campagne :

 1 / occupation des supermarchés et grands centres commerciaux afin de pouvoir toucher chacun dans son quotidien. Ce lieu permettrait de plus d'aborder plusieurs thèmes chers au NPA tant ces lieux concentrent tous les maux du capitalisme : produits surfacturés à cause des rapports production / distribution vérolés par la spéculation, modes de production à revoir, conditions de travail délabrés, employés sous payés, caissières soumises au management patriarcal, perte du « pouvoir de vivre » des clients quelque soit leur statut social, ...

 2 / marches des « victimes » des fermetures des services publics qui passeraient par les lieux démantelés et convergeraient sur la capitale (à l'image de la marche des chômeurs),

 3 / contre-sommet à Annecy le 24/9 à organiser avec les italiens et les suisses (entre autres) dans le cadre du sommet européen réuni pour la réforme de la PAC.

Quelques remarques cependant :

- Faut-il attendre la rentrée et calquer notre activité sur les- calendriers scolaires ou syndicaux : à l'heure où apparaissent des émeutes de la fin dans une telle société d'abondance, le NPA ne peut-il pas être plus présent, même en période estivale : en un mot, le NPA ne doit-il tout simplement pas être la locomotive manquante qui remet les wagons de la colère sur un rail déterminé ?

- Faut-il s'arrêter aux questions nationales alors que la NPA a- un objectif internationaliste, surtout à l'heure où les peuples européens marquent leur désaccord vis à vis des textes libéraux qu'on leur propose ou leur impose, à l'heure ou le néocolonialisme français n'a jamais mis aussi mal le contient africain ? La commission « Internationalisme » a dû travailler sur ces points.

Les participants insistent sur la nécessité d'une campagne nationale mobilisatrice mais complexe à organiser. Cette campagne ne doit pas cependant vider les acteurs de toute énergie pour continuer, en parallèle, de mener des combats locaux qui permettent de mieux coller à l'actualité des quartiers.

D) consensus à l'issue des débats à proposer aux comités locaux et à coordination nationale d'animation.

Avec toutes les pistes et contraintes dégagées ci-dessus, un accord s'est dessiné sur certains points :

 la campagne doit être la Carte d'identité du nouveau NPA et servir d'outil pour expliciter une vision, même si les bases programmatiques n'ont pas encore été précisément délimitées.

 cette campagne devra s'axer sur l'un des (ou les) 3 thèmes suivants :

* 1 / droit aux revenus dignes (revenu d'autonomie ?) / "pouvoir de vivre"

* 2 / santé accessible pour tous et protection du système de sécurité sociale

* 3 / lutte contre la précarité.

Le thème qui semble recueillir le plus de motivés est le premier cité. Les moyens classiques de développement de la campagne ont été évoqués (élaboration d'un 4 pages + affiche + appels aux organisations prêtes à soutenir l'action) mais il ressort de cette discussion que chacun est favorable à l'édification d'une journée nationale (en octobre, hors calendrier syndical) d'action autour du thème "droit aux revenus". Cette journée devra être clairement une initiative d'un NPA qui veillera à ne pas reprendre exactement les mêmes slogans que ceux de la LCR (histoire de visibilité, même si beaucoup d'entre eux sont en accord avec les volontés de chacun) et pourra s'inscrire dans une campagne dite pédagogique dans le cadre d'une occupation de supermarchés par exemple.

Elle pourra ainsi faire ressortir les thématiques de vérités des prix, de spéculations et non-redistribution des richesses à l'heure où tout augmente (énergie, alimentation, médicaments) et fait que la population se paupérise alors qu'un minimum s'enrichit.

Cette campagne sera l'outil nécessaire qui permettait de redonner l'envie aux gens de se battre et de retrouver l'espoir de gagner : c'est là le véritable enjeu.

Le choix de la date de la journée (vers mi ou fin octobre, mais pas le 7 octobre) n'a pas été fait, de même que n'a pas été décidé si cette journée est unique ou s'inscrit dans un créneau de dates d'action selon les possibilités locales.

De même, le choix d'un thème ne doit pas nous pousser à abandonner les autres qui peuvent être abordés dans des actions locales ou à échelle intermédiaire (idée du contre-sommet par exemple).

Au soin aux comités locaux, à partir de cette base de faire remonter à la coordination les éventuels aménagements à cette proposition.


9) LGBTI

Cette commission n'avait pas été prévue initialement par les camarades qui animent la commission de la LCR au programme des Assises, et ce en raison d'un calendrier militant chargé qui faisait coïncider l'initiative NPA avec la Marche des fiertés LGBTI. Néanmoins, forts de l'Appel LGBTI sur un NPA initié par les camardes de la commission de la LCR, des délégués ont manifesté l'envie de se réunir et de débattre autour de ces questions lors des Assises et auraient été [mécontents] qu'un tel moment de rencontre et d'échange ne fût pas organisé.

Il ressort que cette première rencontre est très positive à plusieurs titres :

 Par le nombre de militants des comités NPA qui se sont réunis : 25, venus de plusieurs villes et communes (Bordeaux, Chalons sur Soâne, Saint Etienne, Morlaix, Paris, Toulouse, Marseille, ...). Les questions LGBTI apparaissent donc comme une préoccupation majeure d'un certain nombre de délégués qui aspirent à la création du NPA. Soulignons en outre le fait que ce nombre de militants marque un saut quantitatif important et appréciable par rapport à l'investissement militant tel qu'il se vit à la LCR actuellement.

 Sur le fond, par l'intérêt des questions soulevées par les délégués concernant l'articulation à construire entre le nouveau parti et les luttes LGBTI ; concernant également directement l'Appel rédigé, base de discussion dans le processus constituant du NPA.

Plusieurs sujets ont ainsi été abordés :

 La question de l'oppression spécifique et de son articulation commune avec l'oppression hétéropatriarcale que combat aussi le mouvement féministe. La définition de nos identités, en opposition avec l'oppression des normes existantes, doit être au cœur d'un projet qui aspire à la « transformation révolutionnaire de la société ». Le terme « LGBTI » que nous utilisons actuellement ne semble pas être entièrement satisfaisant, tant d'un point de vue théorique et politique, que d'un point de vue « pédagogique » pour un parti large qui souhaiterait affronter de front ces problématiques ; le nom de la commission traitant de ces questions au sein du nouveau parti sera donc probablement à reformuler.

 Les axes de l'Appel, bien entendu, (au nombre de cinq) et leur nécessaire amendement dans le cadre d'un débat qui prenne directement en compte les préoccupations des personnes concernées par l'oppression homophobe au quotidien. Les thèmes de l'égalité démocratique et de la santé sont ceux qui ont le plus polarisés la discussion, du fait notamment du vécu des personnes présentes. Par ailleurs, il a été souligné que l'appel ne traite pas explicitement de la double oppression que peuvent subir les personnes handicapées, et qu'il ne traitait pas des questions liées à la protestation.

 Plus préoccupants peut-être ont été les échanges relatifs à l'accueil des questions LGBTI au sein des comités NPA. Ainsi, la légitimité politique de ces luttes ne semble pas partout admise, et nous pouvons clairement dire qu'une homophobie qui ne dit pas toujours son nom peut exister de la part de militants dans certains comités. Il apparaît donc que le travail de notre organisation sur ces questions, au même titre que sur toutes les autres discriminations, est fondamental. En outre, nous ne pouvons pas admettre que ces luttes soient considérées comme secondaires, et donc reléguées au second plan, si le temps le permet. Trop souvent et trop longtemps, même si des évolutions positives sont survenues, c'est ainsi que la LCR a réagi face à ces questions. De la lutte contre les discriminations au sens large, en passant par le droit au logement, le droit d'asile des sans papiers, la question internationale, la santé, le féminisme... c'est autant de sujets que les préoccupations des luttes LGBTI traversent et peuvent irriguer. Aussi, la nouvelle organisation qui doit voir le jour ne peut, sauf erreur d'appréciation politique, faire l'économie d'une réflexion de fond sur ces questions, qui concernent bien entendu tou-tes les militant-es de cette organisation, si tant est qu'ils souhaitent réellement révolutionner la société tous ensemble. Elle devra donc faire en sorte de mettre autant que possible ces revendications en avant et fournir l'effort et l'investissement militant que cela nécessite, à commencer par la formation.

Cette rencontre, plutôt encourageante et féconde pour les perspectives qu'elle trace, a donc permis d'étoffer le réseau de contact actuel de la commission de la LCR. Un certain nombre de délégué est par ailleurs inscrit à l'Université d'été, ce qui nous permettra de continuer à débattre et à réfléchir sur notre activité et sa structuration en août prochain, avant de nouvelles initiatives à la rentrée.

Publicité

Publié dans Constitution du NPA

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article